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Une politique économique fondée sur la croissance, la stabilité et la diversification

Historique
Un développement économique reposant sur une innovation sidérurgique
Le développement de l'industrie sidérurgique, source de la richesse du Luxembourg, fut en grande partie possible grâce à la clairvoyance de quelques pionniers industriels tels que Norbert Metz ou Emile Mayrisch. L'innovation technologique joua également un rôle majeur : en 1879, Sydney Gilchrist Thomas inventa un procédé qui, contrairement au procédé de Bessemer (1856) permettait de surmonter l'obstacle de la forte teneur en phosphore du minerai de fer de la région luxembourgeoise. Cette invention fut cruciale pour l'industrie sidérurgique luxembourgeoise, permettant une expansion considérable à partir de 1886. L'industrialisation à large échelle nécessitant d'importants moyens financiers, l'industrie sidérurgique luxembourgeoise sut profiter d'importants investissements étrangers. A partir de 1920, les principales sociétés luxembourgeoises du secteur ont mis sur pied un réseau de distribution mondial. La dépression économique de l'après 1ère guerre mondiale fut suivie d'une période de prospérité. A partir des années 50, la production d'acier augmenta encore considérablement mais les tendances mondiales montraient le risque inhérent à tout monolithisme industriel.

Le développement de la place financière en réponse à la crise de l'acier
A partir des années 70, le Luxembourg a évolué d'un pays fortement industrialisé vers une économie de services. En 1960, la valeur ajoutée par l'industrie représenta 50% du total de valeur ajoutée ; en 1992, ce taux est tombé à 18%. Au contraire, en 1960, les services commerciaux comptaient pour 30 % de la valeur ajoutée totale ; en 1992, ce taux est monté à 60%. Ce changement spectaculaire est dû à 2 facteurs :

  • la forte croissance du secteur bancaire et des assurances
  • le déclin du secteur sidérurgique.

La diversification et le développement économique, une réalité depuis les années 50
Même si la politique officielle de diversification industrielle ne date que de 1962, le Gouvernement a encouragé les investissements dans des domaines porteurs dès les années 50 : ainsi, la venue de la société américaine Goodyear à Luxembourg en 1950 a été un des premiers succès majeurs de cette politique. En 1959, la création du « Board of Economic Development » avait comme but premier d'encourager d'autres investissements nord-américains. En 1962, la loi-cadre sur l'expansion économique fut adoptée afin de stimuler la croissance économique et d'améliorer la structure générale et l'équilibre régional de l'économie. Les objectifs de cette politique ont cependant évolué au cours des années. Si au début, il s'agissait de se prémunir contre le monolithisme de l'industrie sidérurgique, des objectifs économiques (lutte contre le chômage) et structurels (éviter la désindustrialisation) se sont ajoutés au cours du temps. La création de la Société Nationale de Crédit et d'Investissement (SNCI) en 1977 a permis d'alléger le coût des investissements pour les acteurs économiques en leur accordant des prêts à taux réduits.

Situation actuelle
Avec une superficie totale de 2 589 km2, quelque 440 000 habitants et 24 000 entreprises, le Luxembourg a connu un développement économique très soutenu au cours des 20 dernières années, le plaçant dans les premiers rangs des nations en matière de performances économiques. Une politique orientée vers le long terme et favorable aux entreprises, combinée à un consensus national fort, a permis au Luxembourg de diversifier sa base économique tout en investissant dans des créneaux porteurs d'avenir (banque et finance, services, médias, TIC, transport, acier, nouveaux matériaux, métiers de l'artisanat, commerce, ...).

Le modèle luxembourgeois, gage de stabilité politique et sociale
Les conflits sociaux sont presque inexistants au Luxembourg grâce à des consultations régulières entre les partenaires sociaux et le Gouvernement. Le « modèle luxembourgeois », basé sur un dialogue constructif entre syndicats, employeurs et Gouvernement, a abouti à un consensus national concernant les mesures nécessaires pour surmonter les crises structurelles des années 70 et 80 et pour stimuler la croissance économique. Des Gouvernements de coalition (regroupant 2 des 3 plus grands partis politiques) ont contribué à la stabilité et à la continuité de la politique économique.

Une politique économique favorable aux investissements
L'économie luxembourgeoise est aujourd'hui de plus en plus diversifiée. Les politiques gouvernementales encouragent activement l'investissement et l'innovation : un environnement légal et fiscal flexible, des zones de développement industriel spécifiques, une main d'oeuvre hautement qualifiée et multilingue, de multiples possibilités de financement, des infrastructures performantes (éducation, transport, télécommunication, zones d'activités,...) et des aides à l'investissement sur mesure constituent les points forts du Luxembourg. Les politiques économiques sont fondées sur les forces de l'initiative privée et l'esprit d'innovation laissant aux entreprises une large liberté d'action. La proximité avec les administrations est grande. L'imposition des entreprises est une des plus faibles d'Europe, permettant ainsi d'importants retours sur investissement.

Conclusions
L'économie luxembourgeoise des dernières années peut être qualifiée par les indicateurs suivants (par rapport à la moyenne communautaire):

  • taux d'inflation faible ;
  • taux de chômage faible ;
  • taux de croissance du PIB élevé ;
  • équilibre des finances publiques ;
  • compétitivité élevée (sources : The Institute for Management Development et The World Economic Forum, 2002).

Capitale des institutions européennes, le Luxembourg est membre fondateur de nombreuses autres organisations internationales et a des contacts privilégiés avec les régions frontalières de France, de Belgique et d'Allemagne.



Compétitivité de l'Économie luxembourgeoise - Rapport 2003 - Étude réalisée par le STATEC en collaboration avec le CREA (Cellule de recherche en économie appliquée) de l'Université du Luxembourg, cahier n°96, août 2004 602 ko

Mise à jour : 13/04/2005

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