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«Quand nous voyons où nous en sommes aujourd’hui, nous pouvons estimer que nous ne nous sommes pas trompés dans nos choix», savoure avec fierté Isabelle Saint-Antoine, une des fondatrices de la société Agilis Engineering. «Nous sommes heureux tous les matins de faire ce que nous faisons et la création de notre « famille Agili », impliquée et solidaire, est une autre source de satisfaction.»

Le pari était pourtant loin d’être gagné. Car c’est en plein cœur de la crise financière de 2008 qu’elle a, avec Baptise Cristini et Pierre Wolff, l’idée de créer une société de services permettant de réduire le coût d’un processus industriel en repensant l’intégralité du cycle de vie des produits en graphite.

«Nous travaillions alors tous les trois pour une société d’usinage de pièces en carbone et graphite, mais notre employeur n’était pas intéressé par cette approche. C’est pour cela que nous nous sommes lancés», explique M. Cristini.

La société s’appuie donc, dès son démarrage, sur du solide et du concret: une grosse expertise métier et une approche de contrôle et réduction des coûts qui, forcément, plaît aux clients industriels en période de crise.

Un break-even dès la première année

C’est dans les locaux d’Ecostart (devenu Technoport), à Foetz, qu’Agilis est accueillie en août 2009 pour faire ses premiers pas, avec le soutien des dispositifs étatiques dédiés aux entrepreneurs. «Dès le commencement, nous avons été soutenus par Luxinnovation pour l’élaboration de notre business plan, ce qui nous a permis de participer et d’être lauréat du programme 123 Go. Cela nous a également ouvert une relation avec le ministère de l’Économie, qui nous a dirigé vers l’incubateur Ecostart».

La société prospère très vite et atteint le break-even dès la première année. Dans ces premiers temps, elle confie à un sous-traitant la production des pièces en graphite qu’elle conçoit et développe pour ses clients. Mais elle doit rapidement changer son fusil d’épaule. «Compte tenu de nos volumes, nous n’étions pas la priorité de ce sous-traitant et les conditions commerciales sont rapidement devenues intenables. Soit nous créions notre propre atelier, soit nous mettions la clé sous la porte», résume Mme Saint-Antoine. «Au même moment, j’ai intégré le programme Business Mentoring de la Chambre de commerce, avec un mentor industriel. L’occasion d’une belle remise en cause, notamment dans la façon d’aborder les choses vis-à-vis des financeurs. Cela m’a permis d’apprendre à ouvrir les portes et dire les bonnes choses au bon moment. Ce fut une grande aide».

Et c’est ainsi qu’Agilis se lance dans un investissement colossal à son échelle pour financer sept machines, toujours avec l’appui de la SNCI et des aides étatiques, ainsi que des banques, malgré la difficulté de convaincre ces dernières de la solidité du projet. Et en juillet 2011, moins d’un an après en avoir pris la décision, l’atelier entre en service. Maîtrisant désormais toute la chaîne de valeur, de la conception jusqu’à la réalisation, Agilis connaît une phase de croissance continue. «Nous pouvons développer nos projets comme nous le souhaitons et à notre rythme. C’est nous qui fixons les priorités et non plus un prestataire extérieur», savoure M. Cristini.

Diversification

La société diversifie son champ d’action, au fil des opportunités et des demandes et intervient dans de nombreux domaines: les matériaux durs, le photovoltaïque, les activités de forage, l’électromobilité et même l’industrie spatiale. «Nous sommes en permanence à la recherche de nouveaux procédés, de nouveaux fournisseurs, de nouvelles alternatives pour nos clients. Cela évite d’être trop dépendants de paramètres extérieurs sur lesquels nous n’avons pas la maîtrise. Et ce sont justement dans des moments plus délicats que notre expertise en matière de service est reconnue, y compris bien au-delà des frontières. Nous nous positionnons avec nos clients clairement en tant que partenaire et non pas simple fournisseur.»

L’activité d’Agilis ne faiblit pas, avec une plus grande diversification à l’export, une progression du chiffre d’affaires de 30% en 2018 et, pour le premier trimestre 2019, un carnet de commandes aussi rempli que pour l’année 2017 entière.

« Je me souviens que notre toute première commande s’élevait à 2.100 euros », s’amuse M. Cristini.

Arrivé au terme de son bail au sein de l’Ecostart, la société a été obligée de prendre son indépendance. Mais ce ne fut pas non plus chose aisée. «Nous cherchions des locaux de 1.200 m2 et nous ne trouvions que des espaces plus petits ou bien beaucoup trop grands. Et parfois à des tarifs totalement rédhibitoires. Au bout de 6 mois de recherche nous nous sommes réorientés vers la construction de notre propre bâtiment et trouvé cette opportunité à Grass, via des relais au ministère de l’Économie. Et là encore, Luxinnovation et le ministère nous ont efficacement accompagnés dans l’établissement de nos dossiers de financement», explique Mme Saint-Antoine.

Emménagement

Agilis a donc fait construire ses propres installations, dans une zone d’activités régionale en pleine expansion. Avec un vaste atelier qui accueille de nouvelles machines et même une salle de sport/bien-être à l’étage. «Lorsque nous avons créé notre atelier à Foetz, nous ne savions pas du tout où aller, et nous avons commencé avec nos propres tournevis», se souvient M. Cristini. «Là, nous avions des productions en cours et nous avons dû anticiper et nous organiser pour limiter l’arrêt de production à 2 semaines pendant les congés de Noël réduisant ainsi l’impact sur le service à notre clientèle».

Pas de quoi entamer l’enthousiasme et le dynamisme de l’équipe d’Agilis, présente sur tous les fronts. «Nous avons toujours le nez dans le guidon et nous avançons avec du stress positif. Et cela nous rend heureux ! Ce nouveau bâtiment est, pour nous, une façon de capitaliser ces dix années de travail. Et nous avons dans nos cartons encore plein d’idées et de projets», prévient Mme Saint-Antoine.

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