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La mise en œuvre de nouveaux business models est un élément essentiel dans la démarche de transformation numérique. C’est ce qu’a rappelé Marina Guérin-Jabbour, Head of Digital Innovation Hub chez Luxinnovation, en préambule du L-DIH Talks – Episode 4 qui s’est déroulé 30 avril.

Revoir ses propres fondamentaux, réviser les composantes de sa chaîne de valeurs, redéfinir ses process, son organisation technologique et ses workflows… une démarche de transformation digitale permet de partir d’une feuille presque blanche pour réinventer son business.

Optimiser l’existant

Assurer la continuité numérique par le biais des mondes virtuels et réels de la production manufacturière, c’est le cœur de métier de CPI, focalisé sur ce secteur de l’industrie.

Rappelant que 86% des entreprises qui investissent le plus en R&D sont des entreprises manufacturières, et que le marché de l’intelligence artificielle devrait représenter 72 milliards de dollars en 2021 (contre 8 milliards en 2016), Julien Zins, Continuity Coordinator chez CPI, a affirmé que le futur de ce secteur passe par le «smart manufacturing». «Cela ne veut pas dire uniquement ajouter une couche digitale sur l’existant, mais aller bien plus en profondeur. Il s’agit de changer les façons de faire pour optimiser l’efficacité et s’appuyant sur la force du monde digital, et surtout d’interconnecter les systèmes de machines avec les clients, les partenaires et tous les autres sites de production.»

Selon lui, les entreprises doivent essentiellement répondre à trois questions-clés: comment former les compétences du futur? Comment atteindre un niveau adéquat d’excellence opérationnelle? Comment intégrer un écosystème très dynamique de partenaires?

«Former les utilisateurs ne se limite pas à développer de nouvelles méthodologies pour former les utilisateurs, mais aussi les formateurs.» C’est dans cet esprit que CPI est en train de créer un centre de formation digitale, à l’échelle de la Grande région, avec le soutien de l’Adem et du Centre National de Formation Professionnelle Continue (INFPC).

L’interconnexion entre toutes les parties impliquées est également l’une des clés d’une transformation numérique réussie. «En supprimant les barrières entre les différents partenaires, on augmente la vitesse et l’efficacité des échanges, ainsi que la réactivité et l’agilité de tous. Il n’est pas forcément nécessaire d’acheter de nouvelles machines, il peut suffire parfois d’optimiser les processus déjà existants».

Au service de l’humain

La mise en œuvre de nouveaux business models version 4.0 fait partie du quotidien d’une firme mondiale et plus que centenaire telle que IBM. Autour des technologie-clés (internet des objets, intelligence artificielle, cloud, données…), de nouvelles compétences sont à envisager pour mener à bien cette 4e révolution industrielle: une plus grande flexibilité cognitive, des talents dans la négociation, la coordination, la gestion humaine, la créativité… «Autant de qualités qui ne pourront jamais être remplacées par des machines», a expliqué Ben Heyerdahl, Commercial and TSP Sales Leader chez IBM.

Car l’humain aura toujours sa place au cœur ces processus et la dimension éthique ne devra jamais être négligée aux côtés des aspects technologiques. «L’objectif de l’intelligence artificielle est d’augmenter l’intelligence humaine, pas de la remplacer. Les nouvelles technologies, incluant les systèmes d’intelligence artificielle, doivent rester transparentes et explicables. Les données et les connaissances doivent toujours appartenir à leurs créateurs.»

Être capable de répondre de la meilleure manière à la façon dont les utilisateurs et les consommateurs se comportent doit également être un élément-clé du processus. «Tous les nouveaux business models doivent tenir compte de nouvelles façons de concevoir les choses», a détaillé M. Heyerdahl. «Pouvoir commencer et arrêter un processus quand on le veut, être flexible, répondre à la demande du marché, pouvoir délivrer du sur-mesure. D’un modèle traditionnel basé sur l’achat et la vente, on a progressivement évolué vers des formules tenant de compte de tous ces nouveaux paramètres, avec des systèmes de facturation en fonction de l’utilisation réelle et des formules d’abonnement totalement flexibles. On commence même à généraliser le principe du ‘sans contrat’, basé sur la seule consommation réelle».

Coordination plus étroite

La remise en cause des business models existants et la projection vers des méthodes plus efficaces et plus flexibles touche, évidemment, l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement de toute entreprise, quel que soit son domaine d’activité. «Aujourd’hui, le constat est que tous les business models sont bouleversés en termes de partenariats, de flexibilité, d’internationalisation, d’opérations, administratifs», a détaillé Kevin D’Antonio, senior manager chez EY Luxembourg.

À ses yeux, il n’y a pas mille et une façons de bien se positionner: «il est nécessaire de mettre en place une coordination toujours plus étroite entre les différents partenaires et de s’appuyer sur des échanges fréquents d’informations. De la production à la distribution, en passant par l’administration, il faut intensifier les liens entre tous.»

Au-delà des outils informatiques et technologiques permettant l’intensification de ce lien, le facteur humain reste évidemment essentiel et le change management sera, dans ce contexte, un élément-clé de réussite d’un tel projet.

Ce volet humain pourra notamment être évalué dans le cadre de «stress test» indispensables à mettre en œuvre. «De telles simulations de situations critiques sont essentielles à deux niveaux. Elles donnent, d’une part, des informations précieuses sur les lacunes de la chaîne d’approvisionnement pouvant avoir un impact sur le client et sur le business. Elle permettent aussi de valider la gouvernance, d’évaluer la pertinence des rôles et responsabilités de chacun, d’identifier les lacunes, de former les personnes concernées et de valider la pertinence et la facilité de mise en œuvre des procédures et des documentations».

Pour M. D’Antonio, le constat est clair: les structures traditionnelles des chaînes d’approvisionnement à un niveau mondial ne sont plus adaptées pour faire face efficacement à un nombre croissant de perturbations imprévues, et la crise actuelle le montre. «Plus que jamais, les entreprises doivent passer d’un état d’esprit réactif à un état d’esprit préventif dans la gestion de leur chaîne d’approvisionnement. Il est maintenant temps d’investir dans la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement plus résistante. Une nouvelle norme doit être prise en compte».

Pièces de rechange automobiles: un secteur à digitaliser

Envisager de nouveaux business models ne veut pas forcément dire uniquement se focaliser sur les seuls aspects technologiques et numériques. Des modèles bien plus «basiques» (en apparence) peuvent aussi se révéler efficaces.

Le principe d’économie circulaire est un bon exemple et il a été illustré par Luc Azilinon, fondateur et CEO d’Interlinks-Auto, après avoir créé et développé les plateformes Autossimo et Autopass qui proposent les millions de référence de pièces détachées automobiles.

Interlinks-Auto est une plateforme qui propose aux garagistes et aux automobilistes européens une vaste offre de pièces recyclées pour un large éventail de véhicules et de marques, accessible par internet et par application mobile.

«Le secteur automobile est certainement un domaine d’activité ici l’utilisation de pièces recyclées issues de l’économie circulaire aura un effet majeur sur la réduction des coûts et la préservation des ressources naturelles», a-t-il expliqué. «Actuellement, l’industrie globale des pièces détachées pèse 150 milliards d’euros. La partie ‘recyclé’ ne représente pour l’instant que 2%, mais selon McKinsey, l’objectif pour les 10 prochaines années est d’arriver à 10%. Un certain nombre de défis doivent donc être relevés».

Cela passera notamment par une organisation optimisée et digitalisée de la chaîne d’approvisionnement, une meilleure identification des pièces recyclées sélectionnées et une formation adaptée pour les professionnels.

La plate-forme Interlinks-Auto met directement en relation le consommateur à la recherche d’une pièce détachée et les fournisseurs de telles pièces recyclées, notamment les casses automobiles.

«Il s’agit d’un secteur entre très traditionnel qui ne dispose pas vraiment d’une telle facilité de mise en relation des différents acteurs. Nous avons pour ambition de faciliter la transition vers des solutions digitales et connectées.»

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