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Madame Baillie, quelles adaptations Luxinnovation a opérées pendant la crise ?

«Très tôt, nous avons mis en place des webinars, nous avons déployé des outils digitaux, alors qu’auparavant nous fonctionnions principalement avec des déplacements physiques. Et au final, on constate que nous avons gagné en présence, en production de contenus.

Ce mode de fonctionnement est bien plus efficace pour se faire connaître, nouer des relations avec d’autres acteurs et capter des informations. Pendant le confinement, nous avons proposé des webinars sur des thèmes cruciaux, comme la cybersécurité, l’industrie 4.0, etc. Aujourd’hui nous avons une présence continue et des contenus de grande qualité.

Avec nos partenaires du réseau des agences de l’innovation, le réseau Taftie, nous avons échangé sur nos différentes approches, les outils mis en place sur les territoires et de façon générale sur ‘Comment les agences de l’innovation ont-elles réagi?’. Cela nous a donné l’opportunité de présenter notre approche et les réactions étaient très encourageantes. C’est un constat positif de voir que nos actions sont saluées de l’extérieur.

Et bien sûr, nos équipes sont passées en télétravail. Cela a bien fonctionné. 40% de nos collaborateurs sont des frontaliers. C’était la fin des embouteillages pour eux! Mais le vrai problème du télétravail, sur du plus long terme, c’est la question de la fiscalité.

De nouvelles formes de collaboration sont-elles apparues?

«Luxinnovation a participé à la ‘Task force Recherche’, avec le ministère de la Recherche, les CEOs des centres de recherche, de l’université et le Luxembourg Centre for Systems Biomedicine. La Task force a été mise en place à l’initiative du LIH et nous nous sommes réunis via Webex chaque semaine.

Nous avons mis en place une structure pour aborder 13 axes: santé, data, supply chains, impacts socio-économiques, etc. Le Statec y a d’ailleurs contribué pour nous alimenter en données.

Cette collaboration au sein de la Task force se passait très bien, dans un climat ouvert à toutes les questions, les idées ont été exprimées librement. Et cela a permis de mettre au jour encore davantage nos complémentarités. Nous avons bien fonctionné ensemble pendant la crise et nous avons contribué à alimenter en données et en réflexions le gouvernement.

Un autre exemple de collaboration concerne les équipements de protection individuel (EPI). Très vite les questions ont surgi: qui peut les produire? Qui a quelles compétences? Les particuliers nous ont contactés. C’était un terrain inconnu pour nous. Comment pouvait se faire la certification? Comment contacter le ministère de la Santé sans le gêner dans sa gestion de la crise? Il fallait échanger des idées. Proposer d’aider, sans s’imposer.

Puis ce fut la mise en place d’une plateforme dédiée.

Pendant cet épisode Covid de nouvelles vulnérabilités, des points forts sont-ils apparus?

«Commençons par les points forts. L’agilité, les connexions directes, la possibilité d’emprunter des chemins courts, sont un avantage pour établir un lien direct et confronter les points de vue, les compétences. Le ministère de l’Économie s’est rendu très accessible pendant la crise, notamment pour les entreprises et a réussi à être à l’écoute du terrain.

Une autre illustration de ce lien direct et de la bonne collaboration concerne le monde de la recherche. À l’échelle du Luxembourg, les centres de recherche et l’université peuvent se rencontrer, se mettre ensemble. Et d’ailleurs nous avons vu émerger davantage de mise en commun et une recherche plus collaborative. Par exemple, le Large scale testing est venu très tôt, nous sommes un test lab au Luxembourg.

Nous avons compris que la seule manière de contrôler l’épidémie consiste à tester intégralement la population. Le Luxembourg en était capable, nous l’avons fait. Mais ça n’était pas aussi simple qu’il n’y paraît. Il y avait des contraintes, nous les avons surmontées et c’était parti.

Concernant les nouvelles vulnérabilités, bien sûr, on peut évoquer la dépendance aux marchés globaux, la fragilité des chaînes d’approvisionnement, notre dépendance aux productions en Asie. Nous pouvons davantage stimuler la production locale et européenne, en se connectant et en utilisant le digital.

Il ne faut pas se renfermer sur soi mais explorer les opportunités qui sont plus proches. Les entreprises l’ont fait, et elles ont compris l’importance d’avoir un plan B dans leurs chaînes d’approvisionnement. Il est nécessaire d’avoir d’autres options. Néanmoins, les marchés les moins chers seront toujours attractifs, c’est une réalité économique.

Sur ce sujet, une idée à développer serait d’utiliser les possibilités du big data pour suivre le flux des supply chains à travers différents secteurs. Par exemple, pouvoir capter dans le secteur de la santé d’où viennent les produits, quels sont les acteurs, quels sont les passages obligés de ces produits. Nous pourrions imaginer que cette information serait disponible sur un dashbord et nous pourrions voir clairement les impacts sur les chaînes d’approvisionnement. Cela rendrait visible nos vulnérabilités notamment dans un contexte géopolitique instable.

Actuellement, nous confrontons cette idée avec les entreprises. Nous avons cette bonne diversité d’acteurs qui permettrait de réaliser ce challenge.

Quelles grandes tendances observez-vous au niveau de Luxinnovation?

«Tout d’abord la tendance liée à la digitalisation: digitalisation des processus dans les entreprises, intelligence artificielle, industrie 4.0. On constate cependant un décalage entre ce que les entreprises voient immédiatement d’elles-mêmes et l’étendue des potentialités. Nos équipes réalisent un gros travail sur ce point.

Les autres tendances seraient celles de la régionalisation, de la globalisation, la smart supply chain. Concernant la problématique environnementale, nous ne pouvons que constater qu’elle n’est pas encore suffisamment sur l’agenda. Pourtant chez Luxinnovation, nous soutenons cette thématique, notamment avec des programmes européens et des actions de sensibilisation. Je suis convaincue que nous pouvons stimuler les opportunités en tenant compte de la limitation des ressources naturelles.

Par exemple, dans le Luxembourg Wood Cluster, nous voyons que le bois est exporté vers la Chine alors qu’il pourrait être utilisé chez nous.

La stratégie du ministère de l’Économie est très importante pour nous. Elle permet d’orienter et des objectifs temporels devraient être donnés pour que ce soit encore plus efficace. »

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