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Intelligence artificielle, apprentissage machine, automatisation, Internet des objets… voilà quelques-unes des technologies extrêmement puissantes, mais complexes, qui rendent l’Industrie 4.0 possible. Les comprendre est une tâche ardue pour la plupart des entreprises et il est parfois facile d’oublier qu’avoir des personnes possédant les bonnes compétences numériques est le facteur de réussite le plus important.

La bonne main-d’œuvre

Les technologies, les modes de consommation et de vie et les situations géopolitiques émergeant et évoluant plus rapidement que jamais, les entreprises doivent naviguer dans un environnement très incertain. En outre, la crise des coronavirus menace la survie de nombreuses entités.

«Pour la plupart des organisations, il est clair qu’il n’y a pas de place pour une main-d’œuvre non-qualifiée et improductive», a déclaré Laurent Probst, partenaire de PWC Luxembourg et premier intervenant du webinaire L-DIH Talk du 14 mai dernier. «Mais quelle est la bonne main-d’œuvre, et comment déterminer ce dont vous avez besoin à l’avenir?»

Pour chaque euro investi dans la requalification de votre personnel, vous en économisez au moins deux, car vous réduisez considérablement les coûts de licenciement.

M. Probst a recommandé de travailler avec une planification stratégique de la main-d’œuvre, c’est-à-dire une approche structurée pour définir , en fonction de la façon dont une organisation adopte les nouvelles technologies, comment ses emplois et ses besoins en compétences évolueront. Elle permet ensuite d’analyser l’offre de ces compétences, à l’intérieur et à l’extérieur de l’organisation.

La troisième étape consiste à définir et à élaborer des plans pour remédier au déficit de compétences numériques.

S’il est évident que des recrutements externes sont parfois nécessaires, il a souligné que l’organisation interne est la meilleure source pour trouver les compétences essentielles. «Pour chaque euro investi dans la requalification de votre personnel, vous en économisez au moins deux, car vous réduisez considérablement les coûts de licenciement».

Combler le déficit de compétences numériques

Le développement des compétences du personnel existant est essentiel pour Amazon Web Services (AWS). «Le cloud computing est actuellement la première compétence que les entreprises recherchent», a déclaré Izabela Milewska, digital skills global leader chez AWS Training & Certification. « Le nombre de postes vacants liés au cloud computing est en augmentation, et il n’y a tout simplement pas assez de talents pour les pourvoir».

Les idées de services innovants proviennent de tous les départements.

Afin de relever ce défi, AWS propose à son personnel des formations et des parcours d’apprentissage sur le cloud computing. Cette initiative ne vise pas seulement les spécialistes en informatique, mais aussi les personnes travaillant dans d’autres domaines tels que le marketing, les achats et les services juridiques. «Les idées de services innovants viennent de tous les départements, donc tout le monde doit avoir une compréhension de base de ce que la technologie du cloud peut faire».

Mme Milewska a également souligné l’importance de l’apprentissage tout au long de la vie et de la validation des compétences numériques que les employés acquièrent par le biais de formations liées à l’emploi. «Les gouvernements doivent également travailler en étroite collaboration avec l’industrie et les établissements d’enseignement afin de redéfinir la manière dont nous dotons la main-d’œuvre des compétences d’aujourd’hui et de demain», a-t-elle déclaré.

Une culture de travail innovante pour les équipes

Toutefois, il ne suffit pas d’avoir des personnes possédant les compétences essentielles. Les entreprises doivent également offrir les conditions de travail adéquates pour qu’elles puissent fonctionner de manière optimale. «Mettre ensemble les personnes les plus compétentes ne donne pas automatiquement une grande équipe», a indiqué Michel Moutier, co-fondateur de MLC Advisory.

Se référant à une étude de Google, il a énuméré cinq facteurs clés de succès pour les équipes:

  • Un climat de sécurité et de confiance, où les gens peuvent dire ce qu’ils veulent et où les erreurs et un certain niveau de risque sont autorisés;
  • Une culture de responsabilité mutuelle, où les gens sont prêts à assumer les leurs;
  • Des rôles clairs pour les membres de l’équipe et des objectifs précis qu’ils sont censés atteindre;
  • Un sentiment de sens à l’égard du travail et l’impression qu’il vaut la peine d’être fait;
  • La conviction que le travail de l’équipe a un impact réel.

Le leadership est essentiel pour parvenir à cette culture nourricière. Une communication ouverte et transparente avec les membres de l’équipe, la possibilité de structurer et d’organiser leur travail et la fixation d’objectifs ambitieux, mais pas impossibles à atteindre, sont des facteurs essentiels. En outre, M. Moutier a souligné que «les valeurs et le style de leadership sont encore plus importants. Les valeurs ne doivent pas être écrites sur le mur, mais mises en œuvre dans des actions concrètes».

Transformation de la chaîne d’approvisionnement

Lothar März, directeur des opérations chez Stremler, spécialiste de l’ingénierie de la chaîne d’approvisionnement, a conclu ce L-DIH Talk par une présentation du processus de numérisation de WashTec, un des principaux fabricants de machines à laver les voitures.

L’entreprise, qui souhaitait faire face à ses stocks très importants et à l’augmentation du temps de traitement, a décidé de s’attaquer à ce problème en numérisant sa chaîne d’approvisionnement.

Elle a créé un jumeau numérique de ses activités et a établi une architecture pour l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, depuis la prise de commande jusqu’à la production, l’assemblage et l’installation des composants. Une planification et une programmation détaillées ont été établies pour chaque étape, et du personnel possédant les compétences appropriées a été affecté à chaque partie du processus.

La chaîne d’approvisionnement ne passe à la phase suivante que si les étapes préalables ont été atteintes.

Chaque fois qu’il y a un changement dans la demande ou dans les performances, l’architecture numérique permet de voir l’impact sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. «Nous avons défini des jalons à la fois pour WashTec et pour ses clients», a expliqué M. März. «La chaîne d’approvisionnement ne passe à la phase suivante que si les étapes préalables ont été atteintes».

Le résultat du projet parle de lui-même: WashTec a réussi à augmenter sa productivité de 24%, à réduire ses stocks de 70% et à ramener son délai de production de 13 à 2 semaines.

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